Série Zombie : L’anarchie de la forme
La nouvelle sculpture contemporaine zombie III de MPCEM prend racine dans la philosophie de l’esprit. Dans ce vocabulaire théorique, on appelle zombie (ou p-zombie) un être physiquement et extérieurement indiscernable d’un humain conscient. Il se comporte exactement comme s’il éprouvait des émotions, alors qu’il n’en ressent aucune. Totalement dépourvu de conscience phénoménale et de qualias, le monde des zombies est un monde sans rien.
Loin du mythe populaire ou du cinéma, cette figure philosophique sert d’expérience de pensée pour interroger le dualisme corps-esprit. C’est de cette absence absolue de ressenti intérieur qu’est née cette déclinaison bicolore en acier noir mat et bleu mat.
Natures déstructurées et sculpture contemporaine zombie
Ces pièces uniques en acier matérialisent ce paradoxe. En effet, ces natures déstructurées ne sont là que pour donner sens à la forme couleur, à la forme décidée. D’une anarchie complaisante, la structure métallique se résout à exister en tant que telle.
L’œuvre se dresse devant nous comme le corps du zombie : une constitution physique irréprochable, un agencement rigoureux de plans et de lignes, mais une absence totale d’intention narrative ou d’âme préexistante. La pièce existe par sa seule matérialité géométrique.
L’éveil des qualias à travers le métal
Dès lors, c’est le regard de l’observateur qui insuffle la vie à la sculpture. La structure s’anime et se résout suivant le flux d’inconscience du voyeur, de son intuition du vide et du plein, de son ressenti propre face aux connexions géométriques de l’acier.
Par cette confrontation directe entre le métal inerte et la perception humaine, une sacralisation suspecte s’opère dans un moment infondé. La conscience s’éveille, le dialogue s’installe, et les qualias prennent enfin place.
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