La verticalité du présent absolu
S’inspirant du recueil de Jacques Prevel « Poèmes pour toute mémoire », cette œuvre en acier Corten et inox poli miroir ne cherche pas à figer le souvenir, mais à incarner son mouvement. La sculpture se dresse comme une figure debout, fragile dans sa verticalité, anguleuse, brisée par endroits comme si la forme avait été trouvée par soustraction, plutôt que par addition. Elle n’est pas un corps glorieux, mais un corps tenu, qui ne tient que par la seule logique de sa nécessité intérieure.
L’inox : une mémoire en absorption
L’insertion de l’inox poli miroir joue un rôle métaphysique : il représente le temps accumulé et absorbé. Contrairement à une archive qui garde, cette surface absorbe le monde environnant pour mieux le laisser glisser. C’est une mémoire qui s’efface au rythme exact où elle se remplit. Ici, l’inox accomplit ce que Jankelevitch percevait de l’instant pur : un présent absolu qui ne se laisse pas retenir. Dans l’éclat du miroir, l’œuvre devient le lieu d’un surgissement perpétuel, une sentinelle de l’éphémère.