SCULPTURE CONTEMPORAINE EN BRONZE : « JE NE SUIS PERSONNE »
Je suis parvenu subitement, aujourd’hui, à une impression absurde et juste, Je me suis rendu compte, en un éclair, que je ne suis personne, absolument personne. Quand cet éclair a brillé, là où je croyais que se trouvait une ville s’étendait une plaine déserte ; et la lumière sinistre qui m’a montré à moi-même ne m’a révélé nul ciel s’étendant au-dessus.
On m’a volé le pouvoir d’être avant même que le monde fût. Sí j’ai été contraint de me réincarner, ce fut sans moi-même, sans que je me sois, moi, réincarné.
Je suis les faubourgs d’une ville qui n’existe pas, le commentaire prolixe d’un livre que nul n’a jamais écrit. Je ne suis personne, personne. Je suis le personnage d’un roman qui reste à écrire, et je flotte, aérien, dispersé sans avoir été, parmi les rêves d’un être qui n’a pas su m’achever.
Je pense, je pense sans cesse; mais ma pensée ne contient pas de raisonnements, mon émotion ne contient pas d’émotion. Je tombe sans fin, du fond de la trappe située tout là-haut, à travers l’espace infini, dans une chute qui ne suit aucune direction, infinie, multiple et vide. Mon âme est un maelström noir, vaste vertige tournoyant autour du vide, mouvement d’un océan infini, autour d’un trou dans du rien ; et dans toutes ces eaux, qui sont un tournoiement bien plus que de l’eau, nagent toutes les images de ce que j’ai vu et entendu dans le monde – défilent des maisons, des visages, des livres, des casses, des lambeaux de musique et des syllabes éparses, dans un tourbillon sinistre et sans fin.
Et moi , qui suit réellement moi , je suis le centre de tout cela , un centre qui n’existe pas , si ce n’est par une géométrie de l’abîme ; je suis ce rien autour duquel ce mouvement tournoie, sans autre but que de tournoyer, et sans exister par lui-même, sinon par la raison que tout cercle possède un centre. Moi, ce qui est réellement moi, je suis le puits sans parois, mais avec la viscosité des parois, le centre de tout avec du rien tout autour. (…)Pouvoir savoir penser ! Pouvoir savoir sentir !
Fernando Pessoa.
JE NE SUIS PERSONNE : LA GÉOMÉTRIE DE L’ABÎME
Inspirée par l’œuvre de Fernando Pessoa, cette sculpture en acier oxydé noirci et bronze poli matérialise l’expérience phénoménologique du néant central. L’œuvre se dresse comme une architecture du vide : un assemblage complexe de plans et de facettes angulaires, ramassé et dynamique , qui semble tourner sur lui-même sans fin. L’acier oxydé noirci incarne ce « maelström noir », ce vertige tournoyant autour d’un centre qui n’existe pas, si ce n’est par une « géométrie de l’abîme ». La structure fragmentée piège l’espace, illustrant cette chute infinie et multiple à travers le vide.
L’élément de tension révélatrice réside dans l’intégration de deux facettes en bronze poli au cœur de ce maelström noir. Ces miroirs spéculaires captent et diffractent l’environnement — un visage, un livre, un lambeau de lumière — mais refusent de se fixer. Ils agissent comme les yeux de ce « moi » qui n’est qu’un centre absent, le puits sans parois autour duquel tout tournoie. C’est un totem de la désolation et de la lucidité, un monument à cet être qui flotte, aérien, dispersé, parmi les rêves d’un Dieu qui n’a pas su l’achever.
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CONCEPT : Le néant central et la phénoménologie du « moi » dispersé (Pessoa).
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STRUCTURE : Composition angulaire et fragmentée, en maelström tourbillonnant , évoquant la chute vide.
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MATIÈRE : Acier oxydé noirci (le vertige, le trou) et deux facettes en bronze poli (les images spéculaires éparses).
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SIGNATURE : Pièce unique certifiée de 2026, marquée de son estampille séquentielle unique (série MPC52) par le sculpteur MPCEM.
- Cette pièce unique fait partie de notre collection de sculptures petits formats.