La réalisation d’une œuvre monumentale est un corps-à-corps avec la matière. Dans l’intimité de l’atelier, la sculpture « Érosion de l’instinct » a pris forme étape par étape, passant de la plaque d’inox brute à la ligne épurée.

plan de travail
Ce projet repose sur une dualité forte : un socle déconstruit aux angles complexes et une forme haute linéaire qui semble s’en extraire. Le travail a consisté à dompter l’inox pour créer ce contraste saisissant entre les surfaces satinées du bas et le poli miroir du sommet.

socle déconstruit en inox satiné
Ici, la technique s’efface pour laisser place à la victoire de la matière sur l’idée. Chaque soudure, chaque polissage est une trace du dialogue entre le geste de l’artisan et la résistance du métal. Une immersion dans un processus où l’instinct guide la forme vers son équilibre final.

soudure en cours
Une fois installée, « Érosion de l’instinct » révèle enfin sa nature profonde : une tension permanente entre deux mondes. Le socle déconstruit, avec ses facettes d’inox satiné, semble encore porter les stigmates de la fabrication et de la lutte avec la matière. C’est l’ancrage, complexe et fragmenté.

colone en inox poli, l’attente
À l’inverse, la forme haute linéaire, polie jusqu’à devenir un miroir, s’en détache pour n’être plus qu’une trajectoire fluide. Cette dualité entre la base tourmentée et le sommet épuré marque l’instant précis où la matière, après avoir résisté, finit par s’imposer dans une harmonie évidente. L’œuvre n’est plus une idée, elle est une présence.

la finalité